A TOI MARIN

C’est une histoire bouleversante, le genre d’histoire qui ne devrait pas exister, le genre d’histoire qu’on a du mal à croire et qui nous laisse un goût amer.

Pour ceux qui ne la connaissent pas, c’est l’histoire de la Liberté voulant combattre l’oppression. La Liberté avec un grand L doté d’un Courage avec un grand C.

C’est l’histoire d’un jeune lyonnais de 20 ans s’interposant lors d’une altercation entre un couple s’embrassant et une bande de jeunes. C’est l’histoire d’un jeune homme qui n’a pas détourné le regard, qui a refusé l’indifférence, qui a osé défendre et prendre parti. C’est l’histoire de Marin, qui s’est simplement exprimé sans avoir la moindre idée du prix que son acte de bienveillance allait lui coûter. Le vendredi 11 Novembre, une pluie de coups s’est abattue sur Marin. Devant une telle fureur, la peur a paralysé le monde autour, laissant la Liberté sans aucun secours, succombant lentement aux blessures et à un coma profond.

On ne se connaît pas Marin, on ne se connaîtra probablement jamais, tu ne liras peut être même jamais ces lignes. On partage juste la même ville, la même tranche d’âge, ce même centre commercial. Ton histoire m’a bouleversé. Nous a bouleversé. C’est devant les larmes de ma tante, se souvenant de la violente agression de mon cousin, et lisant régulièrement les nouvelles à ton sujet sur le groupe de soutien Facebook créé en ton honneur « je soutiens Marin » que j’ai eu envie d’écrire. De t’écrire. J’admire ce que tu as fait. Je ne pense pas que j’aurais été capable d’en faire autant.

Mais je suis révoltée et j’espère de tout cœur que justice sera rendue. Je n’écris pas pour faire un appel à la haine, ou pour émettre le moindre jugement face à la non réaction des gens. Je pense que la peur est humaine, mais je crois surtout, qu’elle croît chaque jour un peu plus. Trop d’ailleurs. Beaucoup trop. Nous vivons une ère où la violence est un peu plus normalisée chaque jour, et où le silence se fait d’or. Mais toi, tu n’as pas voulu te taire.

Je ne sais pas si tu as eu tort ou raison d’intervenir. Je ne salue que trop ton courage. Pourtant je ne peux m’empêcher de penser, que tu irais probablement mieux si tu avais simplement tourné le regard … Tu vois c’est dingue, j’en suis là. J’en suis à dire que la « lâcheté » t’aurait probablement épargné.

De toute façon, quoi que j’en dise , quoi qu’on puisse en dire, tous, les faits sont là. Et si tu as fait preuve d’un tel courage, tu vas désormais devoir te surpasser. Tu n’as probablement pas encore conscience de tous les gens qui sont derrière toi. Ta famille, tes amis, et nous les milliers d’inconnus qui sommes à l’affût de la moindre de tes nouvelles. Je ne peux imaginer ce que tes proches vivent, et encore moins ce que tu dois traverser.

J’ai appris que tu t’étais réveillé. Quelle force tu as…

En pleine préparation de Noël, je ne peux m’empêcher de souhaiter qu’un miracle arrive, et que tu n’aies plus aucune séquelle. Je te souhaite de te rétablir, de ne jamais abandonner, de ne jamais perdre cette force et ce courage. Comme je souhaite, qu’il y ait de moins en moins de silence, et de plus en plus de Liberté avec un grand L. Plus de Marin.

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